Doit-on imposer le logiciel libre aux institutions françaises ?

Encadrant : Raphaël Charbey

Le logiciel libre, défini par l’universitaire américain Richard Stallman en 1983, s’oppose au logiciel propriétaire en ce que son code est accessible, modifiable et librement re-distribuable. Ces droits sont assurés par des dépôts de licences de droit d’auteur comme les licences GNU ou BSD par exemple. Depuis cette époque, et notamment attisée par les facilités de communications résultant d’internet, une communauté plurielle du libre s’est constituée. Elle est composée d’associations de défense ou de promotion ( Framasoft, … ), de « sous-communautés » de développement (Ubuntu, Mozilla, … ) ainsi que de particuliers, utilisateurs ou développeurs. Pour beaucoup d’acteurs de cette communauté, il est nécessaire que les institutions équipent leurs matériels informatiques de ces logiciels aussi souvent que faire se peut ou à en développer directement le cas échéant. Les arguments développés en ce sens sont souvent liés à la gratuité de ces logiciels, à la sécurité informatique et à l’indépendance qu’ils offrent vis-à-vis des sociétés de développement.
De fait, les institutions françaises semblent sensibles aux attraits du logiciel libre. On peut noter l’accord dès 1998 entre l’éducation nationale et l’association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres (AFUL). La gendarmerie nationale a notamment fait figure d’exemple en la matière avec l’adoption d’une distribution Ubuntu initiée en 2008 faisant suite à sa migration de Microsoft Office à OpenOffice dès 2004. Citons également le ministère de la Culture qui utilise depuis plus de 10 ans le client de messagerie Mozilla Thunderbird. Par ailleurs, la loi pour une République numérique actuellement discutée offre aux parlementaires l’occasion de participer à des discussions en séance ou en commission au sujet de la promotion du logiciel libre qui devrait être inscrite dans la loi.
Cependant et malgré cette volonté affichée, certains acteurs semblent moins enthousiasmés par la perspective de s’équiper de logiciels libres. Le ministère de l’éducation nationale vient par exemple de signer un contrat avec Microsoft portant notamment sur la protection de la vie privée, la formation des enseignants aux outils de Microsoft, l’expérimentation de l’enseignement du code informatique et la mise à disposition des écoles de technologies Microsoft. Cela montre bien que les institutions et leurs représentants accordent toujours une confiance importante aux acteurs du monde du logiciel propriétaire qui se vantent d’offrir à leurs clients une assurance de qualité supérieure, une sécurité plus importante ( ici encore ), une maintenance et un suivi des produit plus sûr. De plus, est mise en avant l’habitude d’utilisation de ces logiciels qu’on les agents ainsi que l’investissement nécessaire à la formation à de nouveaux outils.
Alors, les logiciels libres sont ils vraiment une solution d’avenir qu’il faudrait dès à présent mettre en œuvre ou bien ne sont-ce que des gadgets impossibles à faire passer à l’échelle supérieure ? Les moyens importants des éditeurs de logiciels propriétaires dont les institutions ont besoin sont ils dans ce cas un gage de sécurité et de fiabilité pour celles-ci ou bien le maintien de certains de ces logiciels n’est-il simplement que l’effet du lobbying et de l’inertie ? Et quel est le rôle de l’opinion publique qui utilise encore massivement elle-même les logiciels propriétaires ?
Liens pour démarrer

Liens pour démarrer :

http://framablog.org/2012/03/06/ecole-logiciel-libre/

http://www.nosdeputes.fr/14/amendement/3399/379

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-27629QE.htm

http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3399/AN/546.asp

http://www.education.gouv.fr/cid96030/numerique-a-l-ecole-partenariat-entre-le-ministere-de-l-education-nationale-et-microsoft.html 

http://www.numerama.com/business/133166-logiciels-libres-le-ministere-de-leducation-nationale-invite-a-proposer.html