De la conduite assistée aux voitures sans conducteur: entre sécurité, responsabilité, et liberté.

Encadrant : Tommaso Bertolotti

Un des secteurs les plus marqués par l’ubiquité de la technologie est celui de l’automobile. Le coté le plus évident pour l’utilisateur ordinaire consiste en systèmes qui permettent la synchronisation de plus en plus totale avec les smartphones pour transformer la tableau de bord en extension des possibilités communicatives du conducteur (il suffit de penser au CarPlay de Apple et toutes les interfaces similaires). La possibilité de régler la climatisation, les lumières et déverrouiller son propre véhicule d’une app est perçue comme magique, même si cela ouvre à des problèmes de sécurité, en premier à la possibilité d’avoir sa voiture piratée au lieu du traditionnel cambriolage.
Cependant, le cœur de la technologie appliquée à l’automobile est situé ailleurs, et proprement dans deux ordres de technologies : les technologies d’aide à la conduite et la possibilité de développer une voiture sans conducteur.
Les technologies d’aide à la conduite incluent tout système de signalement d’obstacle, de prévention d’accidents par freinage automatique (soit partiel soit total), ou encore la capacité du véhicule de “lire” les panneaux de vitesse, des voies et de régler la vitesse et la trajectoire en conséquence. Si d’un côté ces technologies sont vouées à la protection de la vie humaine, ne seraient-elle pas aussi une expropriation et une déresponsabilisation de l’intelligence et de la volonté du conducteur même? Que signifie “savoir conduire” si finalement c’est la voiture qui “sait” se garer, sait réagir à temps aux obstacles, sait s’adapter aux conditions météorologiques ? En outre, peut-on déjà imaginer des situations dans lesquelles ces aides à la conduite peuvent être contradictoires par rapport au jugement de l’être humain ?
L’étape suivante, qui n’appartient désormais plus à la science-fiction, est la voiture capable de se conduire par elle-même. Le pilote automatique de Tesla est désormais aussi célèbre que la Google Driverless Car. Des essais de conduite automatique sur voie publique ont déjà été fait avec succès en France métropolitaine par Renault et Citroën. S’il y a une dizaine d’années le champ était limité à des courses de robots dans les déserts, la technologie semble aujourd’hui avoir abouti à un stade permettant la commercialisation de la voiture sans conducteur (Volvo, par exemple, se dit prête à louer des 4 x 4 capables de s’auto-piloter à Stockholm en 2017). L’enjeu, maintenant, semble être dans le champ légal et administratif, et la grande question semble être la circulation de véhicules autonomes en absence de tout superviseur humain. Le dernier projet de loi en Californie (un des majeurs berceaux de cette technologie) semble aller dans la direction d’imposer la présence d’un surveillant humain pendant la circulation de ce genre de voitures. Quel est la réflexion derrière ce genre de légifération ? Quel est le sens de la reconnaissance d’une supériorité (a niveau d’intelligence ou quand même à niveau de responsabilité) de l’être humain sur l’intelligence artificielle ? Comment conjuguer cela avec des résultats montrant que la grand majorité des accidents est due à l’erreur humaine (évitée par la conduite automatique), et que les accidents concernant des voitures autoconduites sont eux-mêmes pour la plus part dus aux autres utilisateurs de la route ? Le problème ne serait-il pas plutôt comment implémenter dans une intelligence tout à fait artificielle (celle de la voiture) des raisonnements propres à la gestion d’une “urgence morale”, comme les sacrifices à choisir en cas d’accidents? par example, risquer la vie d’une personne ou celle de plusieurs ? Le débat est loin d’être clos même parmi les producteurs: dans un récent entretien, les responsables de Jaguar ont réprouvé des diffusions trop précoces d’un système encore en développement, suggérant qu’un accident grave causé par une voiture autoconduite pourrait reculer de dix ans le progrès en termes de soutien à la recherche et mise à jour des lois.

Liens pour démarrer

Wikipedia: Voiture autonome

https://fr.wikipedia.org/wiki/Voiture_autonome

Braking News: 10 Automakers Will Make Automatic-Braking Standard

http://blog.caranddriver.com/braking-news-10-automakers-will-make-automatic-braking-standard/

L’UE s’inquiète de la cybersécurité des voitures sans conducteur

http://www.euractiv.fr/sections/societe-de-linformation/lue-veut-sinquiete-de-la-cybersecurite-des-voitures-sans-conducteur

Jaguar engineer: A mishap with Tesla’s Autopilot could set back self-driving cars by a decade

http://mashable.com/2015/12/12/jaguar-semi-autonomy/#lwMzL5Y6AZqy

A Proposed California Law Would Require Drivers For Driverless Cars

http://techcrunch.com/2015/12/16/a-proposed-california-law-would-require-drivers-for-driverless-cars/

California Department of Motor Vehicles: Summary of Draft Autonomous Vehicles Deployment Regulations

https://www.dmv.ca.gov/portal/wcm/connect/dbcf0f21-4085-47a1-889f-3b8a64eaa1ff/AVRegulationsSummary.pdf?MOD=AJPERES

NEXT TWO : NOTRE VISION DE LA VOITURE AUTONOME ET CONNECTÉE

https://group.renault.com/passion/innovation/renault-laudace-dans-les-genes/voiture-autonome-et-connectee/

Autonomous Vehicles Need Experimental Ethics: Are We Ready for Utilitarian Cars?

http://arxiv.org/pdf/1510.03346v1

Une voiture autonome doit-elle se suicider ?

http://www.liberation.fr/debats/2015/11/05/une-voiture-autonome-doit-elle-se-suicider_1411538