Analyse des interviews

Introduction

Afin de comprendre le choix des personnes interviewées, nous pensons qu’il est important dans un premier temps de rappeler le contexte de La controverse sur l’existence et la nature des chemtrails (intitulé de notre sujet).

Premièrement, les personnes connaissant le sujet des chemtrails s’accordent sur le fait que celui-ci est quasiment inconnu en France car très peu médiatisé et que les militants anti-chemtrails ne sont pas légion. Nous avons ainsi pu répertorier une unique association active en France qui se nomme l’ACSEIPICA (Association Citoyenne pour le Suivi, l’Etude et l’Information sur les Programmes d’Interventions Climatiques et Atmosphériques). Il est nécessaire, dès à présent, par respect pour ces militants d’indiquer qu’ils n’emploient pas le terme de chemtrails pour définir les épandages aériens et lui préfèrent les qualificatifs de « trainées d’épandages toxiques ».  Afin de rester cohérents avec l’intitulé de notre sujet, nous emploierons plutôt le terme chemtrail.

Secondement, dans l’état actuel de nos recherches nous n’avons trouvé aucune personne soutenant les épandages aériens, en France. Les personnes les plus susceptibles d’avoir un point de vue différent sont celles du projet SAFIRE (« SAFIRE (Service des Avions Français Instrumentés pour la Recherche en Environnement) est une unité mixte de service Météo France/ CNRS / CNES qui opère trois avions de recherche dans le cadre des campagnes expérimentales. »  www.safire.fr). En effet, ceux-ci ont à disposition des avions ayant la capacité de prélever dans le ciel le contenu des traînées de tout avion. Ces moyens leur permettraient de répondre aux inquiétudes concernant la toxicité des traînées et leur éventuelle authenticité, c’est-à-dire si elles sont naturellement formées suite à la combustion du kérosène en haute altitude ou si elles contiennent majoritairement d’autres produits chimiques ajoutés à dessein.

Pour l’instant, nous avons obtenu les points de vue de militants anti-chemtrails et cette première synthèse ne sera donc pas très contrastive.

Positions personnelles concernant les chemtrails

La première personne, que nous avons interviewée, est Claire Henrion, qui est présidente de l’association ASEIPICA, anciennement astrologue de profession et désormais travaille dans l’astronomie, et réside dans l’Aveyron. Elle milite pour informer et sensibiliser les citoyens, plus particulièrement sur le sujet des chemtrails. Depuis trois ans, cette association participe au défilé du 1er mai avec ses banderoles. Cette année, elle a ainsi réalisé des distributions de tracts et une sensibilisation dans les villes de Paris, Béziers, Nantes, Perpignan et Mâcon. De plus, comme nous l’expliquerons par la suite, l’association dispose d’un réseau sentinelle, qui compile des témoignages photos et vidéos des épandages dans le ciel afin de faire un mémoire.

La seconde personne est Riccardo Giraudo qui est aussi membre de la même association, ébéniste de profession réside dans le Sud de la France et italien d’origine ce qui lui permet d’avoir une vision comparative entre la situation concernant les chemtrails dans les deux pays. Ainsi, il nous renseigne sur le fait  que : « L’Italie est certainement beaucoup plus touchée. C’est peut-être dû au fait que l’Italie est plus « OTANisée ». »

Raisons de l’engagement personnel

C’est le 16 mai 2002 que Claire Henrion prend conscience de l’ampleur des épandages aériens dans le ciel dans le ciel de l’Aveyron. « J’ai regardé par la fenêtre comme je le faisais souvent et là j’ai vu un spectacle qui m’a coupé le souffle et horrifié c’est-à-dire qu’il y avait des avions qui quadrillaient le ciel et qui n’étaient pas très hauts » Elle avait déjà constaté ce phénomène en 1999 au Québec en pensant « ils sont fous ces américains ». Ce jour-là elle a pu constater que : « Le changement était flagrant et je pensais que cela allait sauter aux yeux de tout le monde ».

Elle s’est ensuite renseignée auprès des services d’aviation, de la gendarmerie et de la météo qui ne l’ont pas prise au sérieux, sauf pour la gendarmerie qui lui a fourni des motifs peu crédibles. Et pour cause : « En vrai, il n’y a qu’une petite poignée de personnes, de tous les milieux et de manière totalement individuelle qui se sont dits « c’est pas normal, ce n’est pas de la circulation aérienne normale ».

Elle a pu noter, qu’à partir du printemps 2002, l’apparition de traînées dans le ciel s’est généralisée dans toute la France et désormais : « En France, on compte les jours où il n’y a pas d’épandages ». Cela varie selon les jours entre aucune traînée visible et de très nombreuses traînées visibles. L’ASPEICA dispose désormais d’un réseau sentinelle qui permet de « savoir quelles sont les villes qui sont aspergées » et ainsi de collecter des informations sur l’état du ciel et faire des dossiers.

Elle constate à regret que : « Dans cette histoire, il y a toute une espèce de buzz, de conspirationnisme » et que : « Le problème réel continue à être de noyer dans la masse et qu’il faut que ces épandages cessent parce que c’est hyper mauvais pour notre santé, parce que depuis qu’il y a ça, il y a une recrue d’essence des maladies, des gastros, des maladies respiratoires ou bien de la maladie d’Alzheimer ».

Ceci raffermit sa conviction de la légitimité de son combat. De plus, elle nous indique qu’il est intéressant de remarquer, de plus, que dans son association toutes les couches de la population sont représentées et conclut : « il y a des gens qui voient par eux-mêmes et qui se font prendre pour des zinzins par les autres autour d’eux ».

Riccardo Giraudo a, quant à lui, découvert le phénomène des chemtrails il y a environ deux ans, il reconnaît  « qu’au départ, il ne voulait pas y croire ». Il a ensuite « commencé à faire des recherches, principalement sur le net, pour essayer de démontrer que c’était un délire collectif ». Mais « cela n’a pas été le cas ». Il a pu trouver sur internet de nombreuses informations souvent manipulées et fausses, mais il a aussi découvert de nombreuses associations dont l’ASCEIPICA et d’autres associations italiennes auxquelles il a adhéré. Cela lui a alors permis d’accéder à de la documentation plus sérieuse et à des comités scientifiques qui ont apporté « des véritables preuves » sur le sujet. Et, dorénavant, lorsqu’il voit des quadrillages ou des traînées longues dans le ciel, il « sait pertinemment que cela ne peut pas être de la simple condensation ».

Ses interrogations personnelles s’orientent alors vers la contenance de ces traînées, mais les réponses ne sont pas évidentes à trouver « puisqu’il faudrait avoir des ailes, monter là-haut et prélever directement dans le produit en question ».

Ce qui l’a poussé à s’impliquer personnellement dans des associations c’est : « le fait d’avoir à un certain moment la certitude parce que j’ai lu des analyses et certains documents que je vous enverrai et des témoignages. Donc j’ai eu la conviction que quelqu’un était en train de jouer avec le climat » Et ce qui l’a convaincu est le fait que « ce problème était le plus méconnu ». Cependant, il nous affirme avec franchise que : « S’il y a quelqu’un qui peut me démontrer que l’on se trompe alors il est le bienvenu, mais, pour l’instant, je n’ai pas trouvé ce quelqu’un ».

Différents types de traînées d’avions

Dans la controverse des chemtrails, deux types de traînées d’avions semblent être distinguées : les trainées persistantes, qui seraient des chemtrails (des traînées contenant des produits chimiques), et les trainées non persistantes, c’est-à-dire des traînées qui disparaissent du ciel quelques minutes après que l’avion soit passé, qui seraient des contrails (des traînées formées « naturellement » par condensation de l’eau, provenant de la combustion du kérosène, en haut altitude).

Claire Henrion nous donne son point de vue sur ce sujet : « Avant les dépressions, on voit beaucoup d’épandages. On dit toujours ce sont des trainées de condensation. Et ils ont raison, c’est bien de la condensation mais autour de quels noyaux ? On voit aujourd’hui de la condensation à 2000 m alors que j’ai appris depuis que je suis petite, jusqu’à l’an 2000 où on a commencé à en voir, que les trainées de condensation comme on voyait autrefois derrière les avions ne pouvaient se produire qu’au-dessus de 8000 m d’altitude, selon certaines conditions de température et de pression. Alors c’est toujours dépendant des conditions de température et de pression mais seulement maintenant on en voit à 2000 m d’un bout à l’autre du ciel ». Et elle conclut : « Ils font du gros baratin sur la condensation ».

Lorsqu’on interroge Riccardo Giraudo sur cette problématique, il nous informe qu’« il croit que ça n’existe pas une controverse sur les chemtrails », car : « Il y a des personnes et des associations qui disent qu’il y a quelque chose de pas normal avec des analyses en mains ». Tandis que d’un autre côté : « il y a des personnes qui disent : c’est un délire collectif, mais qui ne nous apportent aucune contre-preuve ». Lui, observe les avions dans le ciel et regarde en temps réel, sur le site flightradar24, les filtres radars. Cependant, il y « voit les avions civils, commerciaux qui ne laissent presque jamais de traînées ou de petites traînées derrière ». Mais lorsqu’il « voit trois, quatre, cinq, dix, parfois vingt avions en train de défigurer le ciel, il ne les voit jamais sur les filtres radar, cela ne peut pas être des avions civils ou commerciaux ».

Une seconde preuve pour lui est : « la preuve télémétrique, il y a des personnes qui ont photographié des avions qui faisaient de longues traînées derrière eux avec des appareils télémétriques capables de calculer la distance entre l’objet et le sujet.  Donc il y a la preuve que ces avions-là étaient en train de créer des traînées anormales à 2500-3000 m ».

Sources et objectifs des avions réalisant ces épandages

Si l’on interroge ces deux citoyens engagés sur l’origine des chemtrails, on note que le phénomène est nettement plus ancien que leur prise de conscience personnelle et qu’il ne concerne pas uniquement des avions militaires.

Claire Henrion nous indique que : « l’histoire des épandages aériens, ça ne date pas d’hier. Ça fait même longtemps qu’il y a des épandages aériens ».

Des épandages aériens auraient été effectués au cours de guerres, par exemple « la plus connue est l’opération Popeye, qui s’est déroulée sur le Laos et sur le Vietnam à partir de 1966 jusqu’en 1972 » nous dit Riccardo Giraudo. Au cours de cette opération, les Américains « ont déversé avec des avions je ne sais plus combien de dizaines de tonnes de iodure d’argent pour augmenter les précipitations et créer des inondations sur le territoire ennemi. Ceci est absolument confirmé ». Cela a même engendré « un petit scandale au niveau du congrès américain, mais après ils se sont rendus compte que la manipulation du climat pouvait être l’arme parfaite ».

C’est seulement aujourd’hui que les archives sont publiées officiellement. Ainsi : « Il y a un document qui a été retrouvé et qui est maintenant publié et en téléchargement libre, c’est le Manuel d’Enseignement de la Science des Chemtrails, manuel de chimie paru dans les années 90, manuel des universités de l’US Air Force ». Claire Henrion poursuit et affirme :

« C’est eux qui ont inventé le mot chemtrail en fait et qui entretiennent une espèce de confusion autour. C’est très bien pensé, de manière stratégique. On va le faire passer avec les phénomènes paranormaux comme cela, ce ne sera jamais pris au sérieux. »

Le développement des procédés d’épandages, selon Claire Henrion, qui s’appuie sur une conférence du Dr Rath, « a été permis par les sociétés pharmaceutiques et a été réalisé à la fin du XIXe siècle en Allemagne ».

Elle souligne aussi qu’en l’an 2000, l’altitude minimale de vols pour les vols civils a été relevée de 4000 m à 8000 m. Cependant, « à partir de là, on a vu fleurir bien en-dessous de 8000 m des avions qui se croisent dans tous les sens qui font des ronds, des formes bizarres, on ne sait pas pourquoi, et qui laissent des trainées interminables et qui finissent par voiler le ciel et rendre l’atmosphère suffocante et étouffante surtout quand il fait beau ». Parmi ces avions, elle a pu relever que certains avions militaires étaient marqués de l’OTAN. Et les épandages ne s’arrêtent pas à 8000 m d’altitude, puisqu’au-dessus, l’ASCEIPICA a remarqué que de nombreux avions commerciaux épandaient « où cela correspond aux programmes de géo-ingénierie sachant qu’ils sont de plus en plus connus ». Des militants, dont Claire Henrion, « ont mené une petite enquête sur les finances des sociétés Low Cost qui leur a laissé penser qu’ils étaient sûrement aidés pour faire des vols aussi peu chers et aussi tant de vols sans passagers ». Ainsi, des sociétés à bas-coûts seraient aidées financièrement en échange d’épandage de produits en vol.

Existe-t-il des preuves avérées ou des revendications publiques de ces objectifs ?

Parmi les entreprises impliquées, on trouve « EvergreenAviation aux Etats-Unis qui est officiellement connue pour pratiquer des épandages » déclare Claire Herion.

Riccardo Giraudo insiste aussi : « Les compagnies privées, commerciales comme la Evergreen Aviation, là c’est certain que quand vous allez sur le site, sur la page d’accueil, ils ne se cachent pas du tout, c’est écrit noir sur blanc, leur spécialisation, la modification climatique, ils sont spécialisés dans ça. On voit des avions équipés, des injecteurs mais on ne voit pas l’intérieur. C’est sur le site officiel ».

Aux Jeux-Olympiques de Pékin, « ils ont avoué, les chinois, même avec fierté d’avoir réalisé des épandages » et qu’« ils ont carrément un bureau de modification du climat », nous signale Riccardo Giraudo. Lorsqu’on l’interroge sur l’intérêt de ces manipulations, il nous explique que « le problème, ce n’est pas la France, le problème est global sauf dans certains pays où le président a clairement déclaré « si je vois un avion qui fait des longues traînées persistantes dans le ciel dans mon pays, je donne l’ordre de l’abattre » ».

Quant aux objectifs supposés de ces épandages, ils sont diverses : « du côté de la géo-ingénierie civile, c’est pour empêcher le réchauffement climatique » mais pas uniquement puisqu’« il y a d’autres arguments militaires, comme celui d’arme ».  Et ce  malgré la signature de la convention ENMOD (Convention on Environmental Modification Techniques) Cette convention a été adoptée en 1976 par l’Assemblée générale de l’ONU et vise l’interdiction d’utiliser des techniques de modifications de l’environnement à des fins militaires ou toute autre fin hostile. Elle est entrée en vigueur en 1978 et 74 pays l’ont actuellement signée. Cependant, elle souffre de certains défauts, en effet : « Il est stipulé que les modifications de l’environnement sont interdites en cas de guerre ou de conflit, donc c’est bien dit dans l’article 1 mais seulement dans l’article 3 de la même convention, il est dit que les mêmes modifications de l’environnement sont autorisées dans un but pacifique ce qui fait que cela laisse les gens libres juridiquement à tout un tas d’essais ou d’expérimentations militaires qui n’ont pas été faites nécessairement dans le cadre d’une guerre mais simplement comme entraînement ».

Sur cette problématique, un projet américain nommé HAARP suscite beaucoup d’inquiétudes auprès de Claire Henrion  qui le décrit de la façon suivante : « c’est plus qu’un projet, c’est une station d’expérimentation si vous voulez. C’est un programme de recherche sur les aurores, c’est-à-dire les domaines magnétiques de l’ionosphère ». Or,  les domaines d’expérimentation de ce projet seraient nuisibles pour la santé et l’environnement comme l’explique Claire Henrion : « On sait que les ondes très basses fréquences utilisées par HAARP sont des ondes nocives pour la santé, elles fatiguent. La calotte polaire fond à cause de HAARP, ils ont installé des stations sur l’Arctique. La calotte polaire en Antarctique ne fond pas, sauf depuis 1999, où se trouve la base américaine face à l’Amérique du Sud ».

Ses craintes ne se portent pas uniquement sur ce projet puisqu’elle sait que « des programmes d’épandages, il y en a une quarantaine de différents en cours à l’heure actuelle ».

Riccardo Giraudo est, quant à lui, plus modéré puisqu’il reconnaît : « On est obligé de théoriser parce que l’on n’a pas toutes les certitudes ». Toutefois, l’intérêt principal est bien identifié et « est strictement lié aux communications radio et radar ». En se fondant sur une étude réalisée, en 1986 par l’US Air Force, montrant que « le climat est un amplificateur de force », il nous donne un des atouts principaux des chemtrails car « pour augmenter les capacités de communication radio et radar, certaines substances déversées dans le ciel pourraient éventuellement aider et, en même temps, compliquer la vie à l’ennemi ». Il poursuit : « Ils nous disent que l’Amérique sera probablement obligée face aux changements géopolitiques qu’ils envisageaient déjà pour les années à venir d’intervenir avec des techniques de manipulation du climat ou du contrôle du climat et du contrôle des drones chez eux et, si nécessaire, chez les autres. Ça c’est écrit noir sur blanc dans un document officiel ».

En l’interrogeant sur l’origine de ce document il nous indique qu’« on peut le considérer comme une étude de faisabilité. Il s’agit d’un document déclassé ».

Propagande pour promouvoir la géo-ingénierie

Certaines personnes de la communauté scientifique internationale (pas de cas français) défendraient ouvertement les épandages aériens.

En novembre 2008, Claire Henrion s’est rendue avec d’autres membres de l’ASCEIPICA à une conférence de la Royal Society (en Angleterre), où « les chercheurs en géo-ingénierie essaient de faire valoir le bien-fondé de leur affaire ». Ces conférences sont ouvertes à tous, et l’un des sujets de la géo-ingénierie évoqué concerne l’empêchement du réchauffement climatique, dû aux émissions de CO2, ceci en épandant de l’aluminium. Initialement, cela partait du constat que, lors d’une éruption volcanique, le souffre renvoyait une partie des rayonnements solaires et diminuait donc globalement la température de la Terre. Mais « ils (les scientifiques en géo-ingénierie) se sont rendus compte que l’aluminium faisait le travail de manière quatre fois plus rentable d’où ces programmes d’épandre des particules d’aluminium dans la stratosphère pour renvoyer les rayonnements solaires et, soit disant, rafraichir l’atmosphère ».  En parallèle de ses recherches, Claire Henrion et ses collègues de l’ASCEIPICA ont constaté « quand ils étaient à la Royal Society, qu’ils (les scientifiques en géo-ingénierie) développaient un programme de faire admettre la géo-ingénierie au public ».

Témoignages « d’insiders »

Toutefois, elle admet qu’il n’y pas beaucoup de témoignages de gens qui ont contribué à effectuer des épandages mais elle souligne qu’« il y en a quand même ». L’année dernière elle a eu des échos de témoignages de gens « qui sont pilotes dans l’armée et qui font des épandages et qui sont convaincus d’œuvrer pour le bien », elle qualifie ce phénomène de « guerre non-conventionnelle ». En effet, les pilotes « sont convaincus que c’est bien avec pour discours « oui, c’est pour empêcher la planète de se réchauffer » ». Mais elle nous explique l’erreur dans leur raisonnement : « Pour limiter les émissions de CO2, on empêche le soleil de passer alors que c’est lui qui permet aux végétaux de transformer le CO2 en oxygène alors il y a un lézard énorme à la base ».

Techniques utilisées par les militants afin de constituer un mémoire des épandages réalisés

Afin de relier leurs observations d’avions dans le ciel épandant des traînées et des compagnies aériennes. Les sentinelles de l’ASCEIPIA utilisent le site http://www.flightradar24.com/, où l’on peut voir tous les avions en vol en temps réel. Mais en réalité seuls les avions qui ont un transpondeur activé sont répertoriés sur la carte. Certains membres de l’ASCEIPICA ont cependant observé certaines choses. Ainsi Claire Henrion nous décrit : « On a pu se rendre compte aussi qu’il y avait des avions assimilés à des avions civils mais qui sont militaires en réalité affrétés par une armée nationale, et qui ont des parcours plus que curieux puisqu’ils décollent d’un aéroport qui n’est pas mentionné, mais d’une grande ville comme par exemple Rome, mais il y a des exemples dans tous les pays. Donc on voit l’avion qui décolle, il s’élève au-dessus de la Mer Méditerranée, il monte à 10000 m et puis il arrive au-dessus des Pyrénées orientales, il redescend à 8000 et il tourne, il fait 8 à 10 tours plus ou moins grands et il retourne à Rome. On a vu pas mal de cas comme celui-là ».

Opinion sur le projet SAFIRE

Comme nous l’indiquions dans notre introduction, il existe en France une unité mixte de service Météo France/ CNRS / CNES qui dispose de trois avions ayant la capacité de prélever le contenu des traînées d’avions et de l’analyser.

Claire Henrion et d’autres membres de l’association ASCEIPICA ont pris contact avec eux il y a un an. Mais, « ils ne veulent pas entendre parler de trainées, d’épandages toxiques, pour eux, cela n’existe pas ».  Elle constate donc qu’« on a déjà tous les moyens de faire des prélèvements en altitude pour savoir exactement de quoi sont faites ces trainées », et elle envisage : « quand on aura effectué les prélèvements et analysé les composants, au moins on saura ce qu’il y a et la polémique naîtra. Finie l’ambiguïté ! ». Mais, « ils (les membres de l’unité SAFIRE) ne veulent pas entendre parler de trainées, d’épandages toxiques, pour eux, cela n’existe pas ».

Ceci ne fait que confirmer ce qu’elle pense puisqu’« on a tout ce qu’il faut en France, seulement si on ne veut pas aller chercher au bon endroit et que l’on s’abstient de chercher les produits les plus incriminés que l’on retrouve dans les analyses d’eau de pluie, les analyses de sols à savoir l’aluminium et le baryum qui sont les deux produits que l’on retrouve tout le temps avec les retombées sur le sol ».

De même, Riccardo Giraudo nous explique : « Le problème c’est que le projet SAFIRE cherche certaines choses et ne cherche surtout pas d’autres ». Par exemple : « ils ne cherchent surtout pas le baryum. Je n’en connais pas la raison ». À l’inverse, « en Italie, on compte déjà quatorze ou quinze interrogations parlementaires à ce sujet ». Au cours d’une de ces interrogations, les parlementaires auraient demandé de lever le secret d’état. Riccardo Giraudo nous dit ainsi : « s’il y a un secret d’état secret défense, alors je comprends mieux pourquoi les institutions ne cherchent surtout pas ce que l’on demande ».

Contenu des chemtrails

Ainsi, les membres de l’ASCEIPICA et d’autres personnes dans le monde constatent dans les analyses d’eau de pluie qu’ils ont une teneur anormalement élevée en aluminium et cela alimente encore leurs convictions puisqu’il y a « absolument zéro aluminium dans l’atmosphère à l’état naturel ». Ils essaient de faire des relevés régulièrement afin d’assurer un suivi continu, mais ils observent une situation qui se dégrade car « il y a de plus en plus d’aluminium et de baryum dans les eaux de pluie et dans les sols à tel point qu’aux Etats-Unis, le pH des sols commence à changer gravement et il y a des forêts primaires qui crèvent en entier ».

Sous-médiatisation de la problématique des chemtrails, sujet « tabou »

De plus, une caractéristique essentielle concernant le sujet des chemtrails est leur sous- médiatisation. Si l’on ose la comparaison avec celui des gaz de schistes il y a un écart de traitement extraordinairement important par les médias et pour cause Claire Henrion affirme que « le sujet est tabou. C’est le sujet tabou de notre époque ». Cela s’avère particulièrement  vrai dans l’Hexagone puisque « c’est totalement tabou en France. Faut bien penser qu’on est les plus forts pour respecter le tabou ». Ceci est dû au fait qu’« on a peur de se faire ridiculiser » et c’est pire même car dans « les bulletins météo à la télé, on nous habitue à nous mettre tout le temps des images avec des trainées dans le ciel, normal, cela fait partie du ciel, cela fait partie du décor ». En réalité : « C’est la planète entière qui est en train de se transformer en chambre à gaz ! »

Tandis qu’« on continue à faire ses petites affaires mondaines pour faire comme si on ne voyait rien ». Optimiste, Claire Henrion pense que la situation va bientôt changer « au niveau des médias français, ce sont les plus résistants ». Actuellement, le sujet est davantage publié dans les petits médias mais « un jour, cela passera dans les médias moyens, puis dans les grands médias ».

Elle possède même l’exemple d’un ami journaliste, qui souhaitait faire, en 2003, un article sur les chemtrails et il s’est fait renvoyer car : « il est hors de question de parler de ça ». Elle conclut : « tout le monde peur, c’est ça » et clôt que même « nos gouvernants n’avaient pas plus envie que nous de cette merde dans le ciel ». De même, Riccardo Giraudo nous indique qu’en Italie : « On connaît un journaliste qui a commencé à parler de cet argument et il s’est fait virer dans tous les medias donc c’est quand même assez drôle ».

Il poursuit en déchiffrant ce comportement des médias : « Il y a, en quelque sorte, une censure ou un silence. J’ai l’impression qu’aujourd’hui c’est plus facile de parler d’alien dans les medias que d’épandages aériens ». Ceci contribue à la non-information des gens sur le sujet ainsi il est « convaincu que si nous posions des questions autour de nous, il pense que 99% des gens n’en savent rien ».

Information du public pour lutter contre son accoutumance aux chemtrails

Or, comme il nous le confie la clé de son combat est l’information et la sensibilisation des gens aux chemtrails et à la géo-ingénierie : « Pour la géo-ingénierie, il faut réussir à faire de l’information, il faut que l’opinion publique soit au courant. Mais la plupart des gens n’a même pas le temps de regarder le ciel. S’ils le regardent, ils pensent que c’est normal, parce qu’ils ont été habitués à petit feu depuis des années ». Il pense qu’il y aura une réaction de la part des gens « le jour où les politiques donneront le feu vert au côté scientifique pour limiter le réchauffement climatique via le rayonnement solaire ».

Il poursuit, comme il est décrit dans le film Bye Bye Blue Sky, « on va larguer dans le ciel des tonnes de substances, alors là il y aura peut-être une réaction du grand public ».

Présence probable de désinformation sur Internet

Une problématique sensible de notre sujet est la validité des preuves et témoignages que l’on peut trouver sur internet. Riccardo Giraudo nous confie aussi sa méfiance vis-à-vis de certaines informations : « disons que je me méfie de toutes les photos que je n’ai pas prises moi-même ». En effet : « il y a beaucoup d’informations sur le net mais il y a aussi beaucoup de désinformation et je me demande si certaines vidéos manipulées ne sont pas manipulées exprès ». La question est alors immédiate : « Dans quels buts ? » et il répond : « vous avez bien vu que dès que l’on dit chemtrails, les gens pensent théorie du complot. Cela n’a strictement rien à voir ». Lors de conférences, il préfère commencer par ce que sont la géo-ingénierie civile et militaire, les interdictions de l’ONU sur le sujet et le fait que « la géo-ingénierie, ce n’est pas que manipuler les plantes mais c’est aussi manipuler le climat ».

Vous pouvez accéder aux retranscriptions des interviews ici.

 

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