Encadrement : Clément Mabi
A n’en pas douter la campagne présidentielle de 2012 va occuper la toile. Pour faire connaître ses idées et les diffuser, il semble désormais indispensable d’être présent sur la toile. Le tournant social que connait le web depuis l’avènement du « web 2.0 » invite ses utilisateurs à toujours plus se dévoiler sur Internet. On y partage ses goûts, ses humeurs et aussi de plus en plus ses opinions politiques. Dans ce nouvel espace public, tourné vers la conversation, les citoyens créent du contenu et suivent l’actualité. Les outils de visualisation numérique et le mouvement de libération des données donnent également des possibilités inédites pour les citoyens de recouper les informations à travers de nouvelles pratiques comme le « fact checking ». Dans des espaces variés, et souvent imprévisibles, les citoyens peuvent désormais dialoguer entre eux et commenter l’actualité politique.
Face aux espoirs suscités par ces nouveaux usages, certains redoutent un mouvement de polarisation de la discussion politique sur Internet qui renforcerait les clivages et inciterait à la discussion dans des sphères thématiques, sans réelle confrontation avec les autres camps. De ce point de vue, Internet ne serait « qu’un média de plus », qui ne changerait pas fondamentalement la manière de faire de la politique et encore moins celle de faire campagne.
Quoi qu’il en soit les stratégies de communication des candidats ont progressivement intégré, avec plus ou moins de réussite, les outils en ligne (médias en ligne, réseaux sociaux…). Si des exemples comme la campagne de Barack Obama en 2008 restent célèbre pour avoir su capter l’opinion en ligne, d’autres tentatives comme le dispositif « désirs d’avenir » de Ségolène Royal en 2007 n’ont pas produit les résultats escomptés. Qu’est-ce qui les différencie ? Comment créer une dynamique autour d’un candidat ? Une forte popularité sur la toile est-elle annonciatrice d’un bon résultat électoral ? Peut-on dire que la campagne se joue sur la toile ?
Sur ces questions, la controverse est intense. A quelques semaines des élections chacun espère avoir trouvé la meilleure formule pour mobiliser son camp et imposer ses idées sur le web. En articulant les nouvelles digital methods comme les outils de cartographie numérique et des méthodes plus classiques de l’étude des controverses, le groupe qui traitera ce sujet va être invité à s’immerger dans la campagne présidentielle française pour tenter de mettre à jour les formes d’action collectives spécifiques à la rencontre entre l’activité politique et le monde numérique.
Webographie :
netpolitique.net/2011/06/2012-factchecking-datacampaign-omnimediatisation-autonomisation/
Bibliographie :
Dominique Cardon, La Démocratie Internet, La République des Idées, 2010
Fabienne Greffet, Stéphanie Wojcik, « Parler politique en ligne. Une revue des travaux français et anglo-saxons », Réseaux, n°150, 2008, p19-50
Laurence Monnoyer-Smith, Communication et Délibération : mutations technologiques et enjeux citoyens, Paris, Hermès Publications, 2011