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Intégrité du vote et symbole républicain

L’intégrité du vote est un point très important car, si on ne peut plus avoir confiance dans le système de vote c’est toute la démocratie, et donc le principe même de notre société qui est remis en question. Cette dimension est d’autant plus forte en France que la démocratie est un acquis historique. Ainsi, la loi impose aux systèmes de vote utilisant les nouvelles technologies de suivre un certain nombre de règles.
Un vote émis doit toujours être pris en compte et ne doit pas pouvoir être modifié, dupliqué ou supprimé, il s’agit de s’assurer qu’aucun dysfonctionnement du système de vote ou qu’aucun piratage ne viendra s’opposer à l’intégrité du vote. La possibilité de pouvoir vérifier son vote apparaît comme parfaitement légitime le problème étant le paradoxe suivant :

Ainsi Mme Monnoyer-Smith reconnait que « pour résoudre le problème d’identification, il faudrait une carte d’identité électronique, mais on pourrait savoir qui a voté pour qui. »
D’autres questions se posent : comment être sûr que la personne qui a voté est bien celle que la machine a identifié ? Comment savoir si la personne qui vote derrière son ordinateur ne subit pas de pression ?
De même la loi prévoit la transparence du vote : chacun doit pouvoir assister au dépouillement. Comment dans ce cas permettre à chacun d’assister au dépouillement ? Il faudrait que chacun puisse par exemple examiner le code du logiciel qui exécute le dépouillement Ce type de contrôle est malheureusement très largement réservé aux techniciens. La communauté du logiciel libre propose, pour plus de transparence, de créer des logiciels et des machines à voter libres : tout le monde devrait pouvoir démonter une machine à voter pour l’examiner.
Notre pays possède une vieille tradition démocratique fortement ancrée dans notre culture. Le déplacement jusqu’à l’isoloir est un geste fort en symbolique. A l’opposé, en Estonie, pays où le vote électronique est un très large succès, on ne retrouve pas cette dimension symbolique : ce pays est jeune et est née avec le numérique, les technologies sont autant ancrées dans la culture que la démocratie. Un exemple fort du poids de la tradition démocratique en France est le point de vue de Mme Monnoyer-Smith : « Les politiques sont réticents vis-à-vis du numérique ».
Enfin, il s’agit d’insérer dans le système démocratique une entreprise privée (qui va fournir les solutions techniques pour le vote). Il n’y a alors plus de dimension symbolique, le citoyen devient un consommateur. De plus, la question de la confiance envers une organisation privée se pose ici.

Culture et technique

Le manque de confiance dans la machine montre la nécessité de bien intégrer les technologies dans la société avant de pouvoir passer au vote numérique. Face à cette boîte noire que représente l’ordinateur ou la machine et face aux piratages journaliers qui existe sur Internet, un citoyen réussit difficilement à avoir confiance en de tels systèmes de vote. Ainsi, d’autres modes de participation ont été intégrés en France aujourd’hui, comme le débat collectif par exemple.
Inversement, en
Estonie, où le numérique ne fait plus peur, l’installation de système de vote électronique et de vote en ligne ont été un succès. De même en France, les entreprises utilisent pour beaucoup un système de vote en ligne. Une simple démonstration de vote suffit souvent pour convaincre des performances du système.
Enfin, la loi prévoit l’égalité de l’accès au droit de vote. Cela pose un problème pour les populations les plus âgées qui ne sont pas habituées à manipuler les nouvelles technologies.
Finalement, la mise en place du vote en ligne et des machines à voter nécessite une bonne intégration des nouvelles technologies dans la société. Le passage par le monde professionnel peut être une solution provisoire avant de l’étendre au monde politique et social.

Sécurité

Il s’agit d’un enjeu de première importance puisque, pour que les citoyen aient entièrement confiance en de tels système de vote il faut qu’ils soient parfaitement sûrs, ce qui n’est pas une tâche facile dans la mesure où la complexité des systèmes est corrélée au nombre de failles possibles. Tout le problème est que, même si aujourd’hui le bourrage d’urne existe et est suceptible de changer le résultat d’une portion des votes, un système informatique rend possible de rajouter une grande quantité de voix. D’autre solution sont envisageables : en Estonie par exemple pour garantir la sécurité de son vote par internet, l’administration fournit à chacun de ses citoyens un code confidentiel lors de la livraison de la carte d’identité (elle aussi électronique). A partir d’un boitier disponible à la vente et dans les institutions publiques, chaque votant insère sa carte, rentre son code et peut voter. Pourtant, il existe d'autres types d'attaques : blocages des serveurs par des pirates… Un certain niveau de sécurité peut être atteint sur les machines à voter dans les bureaux de vote vote en supprimant leur lien au réseau. Cette solution ne règle pas les problèmes de piratage durant la conception de la machine ( il s’agit de faire confiance à une entreprise privée ) et ne règle pas non plus les problèmes de dysfonctionnement techniques de la machine.

Complexité

Un des principaux arguments avancé par les administrations pour la mise en place d’un système de vote utilisant les nouvelles technologies et la rapidité et la facilité du dépouillement, l’économie de papier et de personnel lors du vote. Plus généralement la mise en place d’un tel système devrait permettre d’économiser de l’argent. Ainsi, dans des pays pauvre ou des pays où le nombre de votant est très important, l’installation de machine à voter ou de vote en ligne s’avère être un succès économique : c’est pax exemple le cas du Brésil. De même dans des pays où les élections sont très fréquentes, l’investissement est très vite rentabilisé : c’est par exemple le cas de la Suisse.
Mais, en France, les élections étant très espacées dans le temps, il faudrait à chaque élection remettre à jour les système de sécurité voire changer les plateformes de vote ce qui ne représenterais pas un gain d’argent et, pas non plus un gain de temps. De plus, la mise à jour des système de vote entraine certains problème comme l’explique Mme Monnoyer-Smith : « Pour le vote sur internet, les logiciels seraient mis à jour, à chaque élection donc la procédure ne serait jamais exactement la même ».

Inclusion

Le principal argument pour la mise en place des systèmes de vote électroniques et/ou en ligne est de permettre de lutter contre l’abstentionnisme. L'objectif de la démocratie est d'attirer un nombre toujours plus grand d’électeurs, et l’usage de nouvelles technologies permet d’accéder plus facilement aux expatriés, aux handicapés et aux personnes qui hésitent à se rendre au bureau de vote. Si le vote en ligne peut détruire la démocratie, il peut aussi la sauver en permettant à chacun de voter.
La question est alors de savoir si, la mise en place de tels systèmes procurerait un avantage à un parti ou à un autre. Mme Monnoyer-Smith estime que non : « aujourd’hui, la variabilité des profils sur internet est telle qu’on ne peut plus dire que cela va profiter à qui que se soit. Ca a pu être le cas mais aujourd’hui tout le monde peut avoir un accès à internet, plus seulement les actifs. »