Revue de presse

Les évènements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis marquent clairement une rupture dans l’histoire des considérations géopolitiques mondiales. Cet acte tragique a été depuis profondément débattu. En effet, suite au choc et à la tristesse suscités, s’installe une atmosphère de suspicion concernant la nature exacte des évènements. Ainsi quelques années plus tard, la version officielle, à savoir une attaque terroriste orchestrée par Ben Laden, est remise en cause et des théories dites conspirationnistes voient le jour. L’un des facteurs clés du développement et de la diffusion des différentes idées dites conspirationnistes est l’internet. Nous allons à présent mettre en avant divers articles qui exposent le rôle d’internet dans la diffusion des théories du complot concernant le 11 septembre 2001. Accès rapide aux diverses sections :

Facilité d'écriture

Tout d’abord, l’internet se caractérise par la liberté d’écriture et de diffusion absolue des internautes, notamment à travers les blogs ou les forums. Ainsi, avant de plonger au cœur du sujet (conspiration autour du 11 septembre), l’article « Nous sommes tous des Wikileaks ! » de Mediapart (18 janvier 2011) pose les bases de la puissance d’internet dans la communication des idées et opinions. Ainsi, l’internet est assimilé à un « Univers sans frontières, lieu de partage et d'échange, facilitant la circulation et la conservation des données, sans entraves à l'accès ni limites de stockage».

 Ce sentiment de facilité dans la diffusion d’idées sur la Toile est repris dans l’article « Seeking truth in sept.11 conspiracy blogs » issue de The Spokesman-Review (11 septembre 2006). Cet article expose des blogs dits conspirationnistes qui connaissent un grand succès. La facilité de diffusion énoncée précédemment entraine donc la nécessité de prendre des précautions en lisant les divers écrits sur la Toile. En effet l’article, en anglais, mentionne que : « as you follow the links down various speculative rabbit holes, read with a skeptical eye and note that many conspiracy bloggers post anonymously ». Ainsi, bien que certains bloggeurs soient reconnus, beaucoup publient de manière anonyme ou bien à travers des pseudos. Ils s’accordent alors une plus grande liberté d’écriture, étant affranchis de toute responsabilité concernant la véracité des informations exposées.    

Cette apologie de l’internet comme moyen ultime de communication de nos idées se retrouve dans un style bien différent  dans l’article « Top 10 worst things about the web » de VNUN (15 mars 2009). Cet article donne un top 10 des «pires choses » du web, avec notamment en 8eme position les théories conspirationnistes. Il expose les précautions à prendre en lisant des informations conspirationnistes par la moquerie : « While the internet did a great service by allowing everyone to engage in intelligent discussion and debate, it also created a giant annoyance by giving a platform to every raving lunatic capable of typing the phrase: 'Wake up, sheeple' ». Pour appuyer l’importance de l’anonymat, le journaliste annonce non sans humour : « The anonymity afforded by the internet doesn't help things either. In real life, the whack-jobs are usually easy to spot, particularly when they're standing behind tables full of leaflets and wearing big crazy hats and buttons. On the web, it's far easier for the conspiracy theorists to sneak into comment threads or blogs and spew their bizarre theories on an unsuspecting public». Ainsi, outre l’aspect concernant l’écriture d’informations sur la Toile, cette citation met en évidence le destinataire du message et la largeur du public que l’on peut toucher par l’utilisation d’internet. De plus, cet article illustre aussi la puissance de diffusion d’internet. Bien que cet article prenne clairement position, nous en retiendrons l’essentiel : La seule ressource nécessaire pour étaler notre opinion personnelle à la vu de millions d’internautes est le temps. Ainsi, nous avons mis en avant la simplicité d’écriture que permet la toile.

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Puissance de diffusion d'internet

Nous allons à présent, exposer la puissance de diffusion de l’internet qui permet de toucher un public extrêmement large. Tout d’abord, l’article « Click here for conspiracy » de Vanity fair (1er Aout 2006) permet de faire cette transition entre facilité d’écriture pour un internaute, et puissance de diffusion à un large groupe d’individu. En effet, l’article retrace le tournage d’un film intitulé « Loose Change », par trois jeunes personnes âgées de moins de 26 ans, qui a été vu sur la toile plus de 10 millions de fois. Le journaliste résume les possibilités offertes par l’internet : «With $6,000 and a laptop computer, three kids from upstate New York made a documentary about 9/11 that spread across the Internet and threw millions for a loop». Outre l’importante diffusion qu’offre l’internet, cet article met en avant un des acteurs clés de la diffusion d’idées dites  conspirationnistes : le mouvement « 9/11 Truth », qui s’est majoritairement développé sur l’internet.

Ensuite, pour souligner cette capacité de diffusion de l’information sur la Toile, l’article « Le 11 septembre nous a plongés dans l’ère du soupçon global » tiré de 24 Heures  (11 septembre 2008) met en avant diverses analyses sociologiques expliquant les raisons du développement de la théorie du complot ces dernières années. Dans cet article, la journaliste, Christiane Pasteur,  pose l’internet au centre de la réflexion : « par l’entremise de la Toile, puissant vecteur de prolifération paranoïde, les théories conspirationnistes ont trouvé de nouveaux adeptes ». A titre d’exemple, l’article cite la fameuse sortie de Jean-Marie Bigard sur l’antenne d’Europe 1. En effet malgré ses excuses, «Sa sortie avait déjà fait enfler le débat sur internet: 26 500 occurrences sur Google… ». Ainsi l’internet permet une prolifération extrêmement rapide de l’information.

Dans un même registre, l’article « Dans la tete des obsédés du complot » du journal Le Point (29 octobre 2009) place l’internet en responsable de la diffusion d’idées conspirationnistes : « voilà évidemment le coupable de cet emballement de la machine à rumeurs : Internet ». Cet article met en avant la forte demande des internautes puisque la paranoïa « Fait un tabac sur internet ». De plus, cet article reflète le pouvoir technologique de la Toile, qui permet d’attiser les curiosités et les soupçons. En effet l’auteur mentionne que « sur Internet, chacun peut faire arrêt sur image, décrypter, zoomer, analyser films et clichés jusqu'à ce qu'ils crachent enfin leur substantifique vérité. »

Ainsi, cette nouvelle dimension d’internet par le biais des technologies numériques nous révèle une autre facette du rôle d’internet : l’utilisation des technologies dans la diffusion d’idées conspirationnistes. Tout d’abord le numérique permet la conservation d’une quantité inconcevable d’informations. Ainsi, l’article « Revealed for the first time : tragic messages from the Twin Towers » du Belfast Telegraph (26 novembre 2009) évoque la mise sur la Toile de 570 000 messages émanant des deux tours le jour de l’attaque. Cette densité d’information permet une analyse en profondeur et attise les curiosités comme par exemple la découverte d’un message moins d’une minute après l’explosion.

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Le role de la technique (technologies numeriques sur internet)

Le développement multimédia sur l’internet joue un grand rôle dans la diffusion d’idées dites conspirationnistes. En effet, l’article « 11 septembre, l’obsession du complot » tiré du journal le Figaro (13 avril 2004) évoque une soirée consacrée à la theorie du complot sur ARTE. Un point majeur de l’article réside dans l’utilisation de « technique interactive » qui « semble avoir largement contribué au succès des théories conspirationnistes », notamment par la diffusion d’image, ou chaque internaute ‘voit par lui-même’ la réalité des faits.

Ainsi, les technologies numériques contribuent fortement au développement d’idées conspirationnistes. Cependant, il existe un phénomène plus subtil qui renforce les theories du complot et qui résulte indirectement de la liberté d’expression sur la Toile : le droit de réponse. Ainsi, l’article « Click here for conspiracy » ( Vanity fair , 1er Aout 2006) met en avant le site « screwloosechange.blogspot.com » qui est un blog connu ayant pour but de refuter les arguments avancés dans le film Loose Change. Ces différentes réponses animent donc le débat sur la Toile et renforcent la curiosité concernant les idées conspirationnistes ce qui renforce leur exposition.

De même, l’article « Dans la tête des obsédés du complot »  (Le Point, 29 octobre 2009) reflète les effets de ce droit de réponse. En effet, à partir de l’exemple du site de Jérôme Quirant, ingénieur (génie civil) bastion.net qui « répond point par point aux arguments des ‘’truthers’’ », le journaliste stipule que ces différentes réponses ancrent les conspirationnistes dans leurs convictions, en citant l’ingénieur : « J'évite peut-être ainsi à certains de tomber "dedans", mais, pour les convaincus, je me bats en pure perte : plus on démonte leurs raisonnements techniques, plus ils y croient»

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Les limites de la diffusion par Internet

Ainsi l’internet, de part ces diverses facettes, joue un rôle primordial dans l’expansion des mouvements conspirationnistes. Cependant, la diffusion de ces idées par internet n’est pas toujours une assurance de développement. En effet, de nos jours, l’internet est de plus en plus décrédibilisé. Ainsi, l’article « Vous avez dit conspiration ?» issu du journal le Figaro (11 septembre 2002) présente l’internet comme une foire d’informations, ou l’on peut retrouver toute sorte de réflexions insensées. En effet, l’article est parsemé de remarques, non sans ironies, qui visent à décrédibiliser la Toile comme « Si vous ne voulez pas le croire, allez donc vérifier sur la Toile... » ou encore « Allez voir, c'est sur Internet ».

Dans un registre similaire, selon l’article « Top 10 worst things about the web »  (VNUN, 15 mars 2009) le terme « I read it on the internet » est même devenu un terme de dérision, vis-à-vis de l’information relatée.

En outre, l’internet permet certes de diffuser rapidement des idées conspirationnistes, mais selon l’article « Counterknowledge » du site FT.com (du Financial Times, 8 mars 2008), c’est aussi le meilleur moyen de combattre ces idées conspirationnistes qui circulent. En effet, en citant Damian Thompson (« a leader writer on The Daily Telegraph ») : « The internet has made the spread of counterknowledge easier. But the web, argues Thompson, is also the way to strike back - which makes it a pity that his own sourcing can be slapdash ».

De même, l’article « Effroyables complotistes » de Marianne2.fr (8 fevrier 2010) apporte une nouvelle vision de l’expansion de la théorie du complot. Ici, le rôle d’internet est alors sous-jacent, et la diffusion d’idées conspirationnistes résulte d’une atmosphère sociale. Ainsi, la journaliste Bénédicte Charles évoque ce phénomène social de la sorte : « Autant d’énergumènes, de paranos et d’extrémistes, qui trouvent aujourd’hui une caisse de résonance incroyable. Internet ? Non : la progression du « on nous cache tout on nous dit rien ». Y compris chez les journalistes. Tout simplement ».

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Ambivalence du role d'internet dans la diffusion d'idees dites conspirationnistes

Enfin, à défaut de conclure nous allons terminer sur l’article « The internet : a shining beacon of truth » du Skeptical Inquierer (1er juillet 2006) qui reflète bien l’ambivalence autour du rôle d’internet dans la diffusion d’idées conspirationnistes. En effet, d’une part l’article évoque que l’évolution d’internet est un frein à la diffusion d’idées dites conspirationnistes car elle entraine une vigilance accrue de la part des lecteurs (internautes). D’autre part, l’article met en avant le rôle d’internet dans la diffusion des idées les plus complexes concernant le 11 septembre qui sont maintenant de plus en plus acceptées

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